Et les loups sortent du bois...

 Par Saliou Samb

Depuis plusieurs mois, après avoir mis en pièces les postes avancés de l'armée malienne, une bande de barbares enturbannés, incultes et illuminés, armés jusqu'aux dents, le diable dans le pantalon et la religion "musulmane" en bandoulière, faisait régner sa loi dans le nord du Mali. Ce chaos a été organisé sans qu'on ne puisse entendre la moindre plainte, la moindre condamnation, de la part de certains pays piliers de l'Organisation de la conférence islamique. Ces derniers jours, les frappes des armées française et africaine ayant changé la direction du vent, comme par hasard, les loups jusque là tapis dans l'ombre sortent du bois pour réclamer un cessez le feu...

islamiste012Il est important de souligner que, même du bout des lèvres ou en éternuant, aucun de ces gouvernements qui se reconnaissent entre ces lignes, n'a dénoncé la violation flagrante de l'intégrité du territoire malien, la tentative manifeste d'effacer des pans entiers de la culture négro-africaine avec la destruction à Tombouctou et Gao de plusieurs mausolées et autres symboles de la riche histoire africaine, et les lâches exactions commises sur de pauvres femmes et des populations désarmées par ces terroristes doublés de narcotrafiquants. Pire, des informations précises, indiquent que certains de ces pays - et non des moindres ! - soutenus par la propagande distillée par une chaîne de télévision qui se dit indépendante, participaient activement à entretenir ces groupes mafieux et criminels. Au nom d'une certaine Charia qu'ils rêvent de voir appliquée dans le monde libre ou par simple mépris (totalement injustifié) de l'Autre ?

Un fait saute aux yeux : les solidarités les plus fermes à l'endroit du Mali, membre à part entière de l'OCI, ne se sont manifestées que de la part des pays d'Afrique noire (membre de l'organisation ou pas) et des Etats et puissances occidentales. Or, tous ces Etats ont en commun le goût de la liberté, en dépit de la situation chaotique dans certains d'entre eux, notamment en Afrique. Au même moment, un autre pays musulman, la Syrie, dont la population est martyrisée par un clan installé autour de son président dictateur, faisait l'objet de toutes les attentions, y compris des pays africains.

Il est légitime de se poser la question de savoir pourquoi en tant qu'organisation politique censée défendre les intérêts des pays musulmans (dont le Mali), l'OCI n'a pas publiquement soutenu Bamako. Il est encore plus légitime de s'interroger sur le sens de l'appel de son secrétaire général Ekmeleddin Ihsanoglu alors que le même appel n'a jamais été lancé par l'OCI quand certains Etats membres de l'organisation s'engageaient dans des opérations militaires pour mâter des terroristes. Est-ce parce qu'ayant cru trop tôt l'affaire pliée (entendez par là accepter qu'une bande de voyous sans foi ni loi ramène l'Afrique au Moyen âge au nom d'un Islam inacceptable) ceux qui caressaient l'idée de soumettre des peuples "impies", passez moi l'expression, ont été tellement contrariés dans leur plan qu'ils se sont subitement souvenus qu'ils avaient une voix pour se faire entendre ? Comment pourrait-on justifier la position hilarante de la presse d'un pays voisin du Mali, pour qui l'intervention française est assimilable à du néo-colonialisme ? D'ailleurs entre une "colonisation" exercée par une France libre, cultivée et démocratique, et une dictature sauvage, entretenue par une bande de soudards analphabètes, y a-t-il un choix à faire ? De qui se moque-t-on en fin de compte ?

Certains pays voisins du Mali avaient largement les moyens de freiner l'avancée des djihadistes qui, en provenance de Libye, ont inévitablement traversé leur territoire pour fouler le sol malien. Ils ont manqué à leur devoir vis à vis du peuple malien pour régler des comptes mesquins avec le pouvoir de l'ancien président Ahmadou Toumany Touré, mais derrière cette attitude il y avait sans doute l'idée de transformer le Mali en poubelle pour fanatiques incontrôlables comme cela s'est passé en Afghanistan. Ils ont joué cette carte en perdant de vue le danger que pourrait représenter pour l'Afrique toute entière et pour les nations occidentales un territoire grand comme le Mali sous joug islamiste radical. Après avoir voulu nous imposer un "dialogue" (de dupes) boiteux, ils en sont réduits à organiser des séances de rattrapage en affichant des positions tardives.

Pour sa part, malgré les sérieuses inquiétudes par rapport à la détention de six de ses citoyens en otage par des mouvements comme mafieux comme Aqmi ou le Mujao, la France a pris la décision courageuse d'intervenir militairement. C'est tout à son honneur et les Africains n'oublieront jamais ce geste plein de signification. "C'est dans les difficultés qu'on reconnaît ses vrais amis" (proverbe africain).