Obama, le rêve continue...

Par Saliou Samb

barack_obama_thumbAu bout de l'une des campagnes les plus disputées de l'histoire des Etats Unis d'Amérique, Barack Hussein Obama a réussi à remporter l'élection présidentielle au nez et à la barbe du mormon Mitt Rommey qui a cru jusqu'au bout en ses chances de victoire.

Que se serait-il passé si le candidat Obama ne s'était pas rendu lors du premier des 3 débats organisés durant la campagne électorale, les mains dans les poches, considérant de haut son adversaire qui l'a finalement pulvérisé dans le débat axé sur l'économie ? Sans doute l'élection présidentielle américaine aurait été beaucoup moins disputée, sans doute le président sortant aurait eu l'opportunité de prouver les efforts importants qu'il a accomplis durant son premier mandat pour maintenir à flots l'industrie automobile et maintenir le taux de chômage à un niveau "acceptable", à 7,9%, quoique très loin des 5,5% promis en 2008. Sans doute, Obama se serait montré moins timoré sur la politique américaine vis à vis de la Chine, accusé de sous évaluer sa monnaie pour doper ses exportations, là où, et il a utilisé cet argument lors du second débat, il fallait tout simplement rappeler que Rommey était un des pionniers indirect de la délocalisation de certaines entreprises américaines... en Chine. 

Au vu du résultat provisoire, environ 303 délégués et légèrement devant son adversaire pour le vote populaire (contre environ 203 délégués pour Rommey), on peut dire "heureusement qu'Obama a eu la chance de se rattraper dans les 2 débats qui ont suivi le fiasco du premier !". Finalement, pour rappeler sa pique devenue célèbre suite à un propos de Rommey qui s'offusquait de la réduction du nombre d'avions de combat de l'armée américaine, la cavalerie et les baïonnettes ont fait leur job. "Monsieur le gouverneur, vous pouvez aussi dire que nous avons moins de chevaux et de baïonnettes", avait cyniquement répliqué Obama, un brin méprisant face à tant d'inculture.

Mitt Rommey avait beau chercher à vendre son image d'ancien chef d'entreprise, il avait commis sur le statut de Jerusalem (capitale naturelle de l'Etat Hébreu selon le mormon), sur ses jugements par rapports à la Grande Bretagne à l'occasion des jeux olympiques de Londres (avec des critiques aussi maladroites qu'inutiles), sur le plan de sauvetage de l'industrie automobile américaine (il voulait accélérer la faillite des majors là où Obama a choisi de les refinancer pour éviter la catastrophe) mais surtout sur "ces 47% d'Américains qui ont une mentalité de victimes", des erreurs fatales. Si les Américains, avaient fermé la paranthèse Obama pour un homme aussi guindé, aussi décalé de la réalité, qui a eu le toupet de choisir une tribune entre 4 murs dans une rencontre de donateurs pour lancer des attaques aussi méprisantes vis à vis de la moitié des Américains dont il prétendra plus tard avoir besoin des voix, ç'aurait été une très grande déception.

La crise financière qui frappe le monde depuis le milieu des années 2000 est d'abord le fait du libéralisme débridé défendu par Rommey, des mauvais choix d'un George Bush fils qui et sur l'Irak et sur bien d'autres sujets aurait pu faire de bien meilleurs choix. Rommey voulait remettre au goût du jour le style Bush qui a fait tant de mal à l'Amérique. Ses compatriotes lui ont dit non.

Revenu de l'enfer après son premier débat (véritable déclencheur du faux suspense qui a tenu en haleine ceux qui ont suivi l'élection), Obama a sans doute retenu la leçon (d'humilité). Et pour les 4 prochaines années, poursuivant son rêve à la tête de la nation la plus puissante du monde, il n'aura plus aucune excuse.